Marwann Chamsseddine, coach du Team Espoir, a été interviewé par le magazine Green, le journal officiel du Trophée Hassan II de golf.
Vous étiez pro, vous êtes aujourd’hui entraîneur de la Filière, mise en place par l’Association du Trophée Hassan II. Expliquez-nous sur votre parcours ?
Je suis passé pro en 1992 et j’avais décidé de jouer des tournois en France, mais mes moyens financiers ne m’ont pas permis de jouer beaucoup d’épreuves. J’ai repris ensuite la vie de pro en 2000 et, trois ans plus tard, j’ai gagné le Championnat du Maroc professionnel. J’étais alors dans le top 3 des pros marocains et j’ai pu participer au Trophée Hassan II en deux occasions. Puis, une blessure m’a empêché de poursuivre cette carrière, je me suis alors dirigé vers l’enseignement en 2005.
C’est alors la belle aventure du Royal Golf d’Agadir…
J’ai ouvert une école de golf au Royal Golf d’Agadir. Comme j’avais envie de m’occuper des jeunes issus de milieu défavorisé et de leur transmettre ma passion du golf, j’ai donc ouvert les portes à tous ceux qui voulaient jouer.
Ensuite, vous êtes repéré par la Fédération ?
Quand en 2009, Karim Guessous a emmené les équipes juniors des moins de 15 ans en Tunisie, il y avait dans l’équipe deux joueurs de mon club. Je les ai donc accompagnés et l’équipe a gagné les championnats arabes. Suite à ça, j’ai été contacté par la Fédération Royale Marocaine de Golf pour m’occuper des moins de 18 ans et des équipes féminines en 2010. Là, nous avons remporté en individuel et par équipes les Championnats arabes. Par la suite, j’ai été amené à prendre en charge les équipes nationales. Et nous avons gagné également les championnats arabes par équipes avec plus de trente coups d’avance sur le second, le Bahrein. Et nous avons aussi gagné en individuel, un exploit que n’avions pas réalisé depuis 2003.
Puis c’est votre arrivée au Team Espoir ?
Oui, j’ai été recruté par la filière haut niveau mise en place par l’Association du Trophée Hassan II en novembre 2011, pour m’occuper du Team Espoir amateurs, composé de joueurs de plus de 18 ans.
Quels sont les principes de votre enseignement ?
Le travail, encore le travail, toujours le travail. C’est ce que j’ai appris en côtoyant le haut niveau. Sinon, sur le plan du jeu, je travaille sur les mémoires visuelles et musculaires, les fondamentaux du swing et les lois mécaniques. J’ai par exemple détecté Mustapha El Maouas car il avait une excellente coordination même si physiquement il ne correspondait pas à un athlète de haut niveau. Je garde l’œil sur lui car je suis persuadé qu’il y a quelque chose à faire avec lui.
Il a d’ailleurs fait le buzz lors du premier tour…
C’est magnifique pour El Maouas. Il y a encore cinq ans, Mustapha ignorait tout du golf. Ce qu’il vit ici, c’est l’accomplissement de son engagement. Je suis vraiment satisfait de sa prestation du premier tour. Notez qu’il a fait un meilleur score que l’Américain Peter Uilhein qui était, il y a peu, n°1 mondial amateur ! Pour Mustapha, jouer le Trophée Hassan II est une formidable expérience car il a joué très peu de tournois dans sa vie. C’est d’ailleurs une très bonne chose que l’ATH ait invité notre meilleur amateur à jouer le tournoi. Une expérience à renouveler à l’avenir.
Où se situe aujourd’hui le golf amateur marocain ?
Jusqu’à peu, nous n’avions pas de joueurs classés au ranking mondial amateur. Cette année, on en a quatre. C’est un début. En trois mois, Ahmed Marjane, qui a été n°1 amateur sur le Mena Tour, est descendu de la 5 000e à la 1 800e place. Mustapha El Maouas a fait une 2e place à Barhein, et a remporté un tournoi de l’Atlas Pro Tour devant tous les pros. Et puis, nous avons aussi un jeune de 15 ans, Nessim Touhami, qui a fait la meilleure performance au Qatar.
Quel est l’objectif de votre mission ?
C’est d’amener nos joueurs aux Jeux Olympiques. Ceux de 2020. On aurait pu se fixer comme objectif les J. O. de 2016 au Brésil, mais ce n’était pas réaliste. Il faut d’abord que nos meilleurs joueurs soient capables de jouer tout le temps sous le par, de passer les cuts et de rentrer dans le top 100 du ranking mondial amateur. Si nos amateurs n’arrivent pas à faire ça, ce n’est même pas la peine qu’ils envisagent une carrière professionnelle.
On aurait pu se fixer comme objectif les J. O. de 2016 au Brésil, mais ce n’était pas réaliste. Il faut d’abord que nos meilleurs joueurs soient capables de jouer tout le temps sous le par, de passer les cuts et de rentrer dans le top 100 du ranking mondial amateur.
Entretien réalisé par Jean-François Bessey - Crédit photo : D. Chicot/ATH
Télécharger le numéro 3 de Green, le journal officiel du Trophée Hassan II (PDF 16 pages -3.54 Mo)
Retrouvez d'autres articles sur le portail d'info du quotidien Au fait




